Archives du mot-clé notre dame de Paris

Fulcanelli et la restauration de Notre Dame de Paris

saint_marcel

En complément de nos propres observations, Pierre Alexandre Nicolas soulèvera lors de sa conférence quelques points essentiels quant à la datation de la lecture faite par l’Adepte du porche central de la cathédrale. Ajoutons cependant un point tiré de nos archives : l’un des principaux acteurs de cette restauration n’était autre qu’Alphonse Victor Geoffroy Dechaume que nous avons eu loisir d »étudier pour avoir habité un temps sa maison et connu ses arrières petits enfants. En général il réalisait ses sculptures à partir de dessins fournis par Viollet le Duc. C’était un imagier comme il se plaisait à le dire. Sur le chantier de Notre Dame il a réalisé environ 103 statues sans compter de nombreux bas reliefs, plus les figures de la flèche qui sont bien de lui. C’était l’artisan principal de la façade et beaucoup ne connaissent de lui que le « beau Christ » ou « beau Dieu » en oubliant que c’est encore lui qui restaura ou recréa – c’est selon – le Saint Marcel décorant le trumeau du portail Sainte Anne. Nous avons par devers nous les comptes de ses travaux. Si Fulcanelli cite à trois reprise le musée de Cluny c’est d’abord et avant tout parce qu’il était en relation avec son fondateur à savoir Geoffroy Dechaume ! et nous savons aussi quelles relations occupaient ces deux hommes puisqu’il existe un très beau portrait de Geoffroy Dechaume en alchimiste …

Lire la suite Fulcanelli et la restauration de Notre Dame de Paris

Le Mystère des cathédrales : Vierge noire et cierges verts

Fuciergesvertslcanelli fait référence à une fête pratiquée à Marseille et qui a lieu chaque année le 12 février  lors de la chandeleur, cette fête est une véritable institution cultuelle dans l’antique ville phocéenne et fait également référence à une antique fête pratiquée en Bourgogne sur les bords de la Seine non loin des sources.

Attestée depuis le Moyen Âge, La chandeleur remonte donc à cette période, quand le pape Célestin III crée la confrérie de Notre Dame de Confession par une Bulle le 13 juillet 1195.

Cette fête correspond à celle de « la purification de la vierge » le rituel lustral qui purifiait la mère 7 jours après la naissance d’un garçon et à la présentation du premier né au temple. Depuis Moïse, il était obligation de racheter tout premier né à Dieu en versant 5 sicles d’argent aux prêtres du temple, et en remettant un agneau, deux colombes pour les moins fortunés, 40 jours après la naissance.

La collusion de ces deux évènements a donné la Chandeleur, litteralement, la fête des chandelles. Il y est coutume de bénir des cierges verts, le cierge représentant la lumière du Christ sur le monde, et la couleur confirme le privilège accordé à Marie d’enfanter sans perdre sa virginité.

A Marseille, La fête lie le Port et l’Abbaye Saint Victor, consacrée à Marie depuis le VIIe siècle. La tradition fait remonter cette célébration à Marseille à l’an Mil sous l’influence de l’abbé bénédictin Isarn.

Selon la légende une barque amena les saintes Maries sur les Côtes de Provence. Dans son ouvrage sur l’Histoire de la Ville de Marseille, Ruffi en 1696 fait débarquer Lazare à Marseille. Il est accompagné de Marthe, Marie-Madeleine et ses Soeurs Jacobé et Salomé, Marcelle leur servante, Maximin, Sidoine (ou Celidoine), Joseph d’Arimathie et d’autres disciples de Jésus Christ bannis pour avoir prêcher la résurrection du sauveur de ce Monde.

Lire la suite Le Mystère des cathédrales : Vierge noire et cierges verts

Le Mystère des cathédrales : la dormition de la vierge

Le chapitre VI du « Mystère des cathédrales s’attarde sur le portail dit « de la Vierge » et attire notre attention sur les 7 cercles qui sont les symboles des sept métaux planétaires. Nous aurons l’occasion d’y revenir mais assurons nous dans un premier temps du contexte général (qui fait référence une fois de plus à son maitre d’oeuvre – l’imagier A.V Geoffroy Dechaume – déjà évoqué dans nos précédents articles).

PARIS Notre Dame cathedralLe Portail de la Vierge est le portail de la façade occidentale situé à gauche. Il a été installé dans les années 1210-1220, donc après le portail Sainte-Anne, mais le portail du Jugement Dernier lui est légèrement postérieur.

Il retrace, selon la tradition de l’Eglise, la mort de Marie, sa montée au Paradis et son couronnement en tant que reine du Ciel. Juste au-dessus des deux portes, sur le linteau* inférieur, trois prophètes à gauche, trois rois de l’Ancien Testament à droite, tiennent des phylactères indiquant que la promesse de Dieu a été accomplie : Jésus est venu sauver l’humanité. Juste au-dessus, sur le linteau supérieur, Marie repose sur son lit de mort entourée par Jésus et par les douze Apôtres. Deux anges placés à la tête et aux pieds de Marie soulèvent son linceul et l’emportent au Paradis.

Au centre du tympan, nous retrouvons Marie, au Paradis, assise sur le même trône que Jésus. Elle est alors couronnée par un ange tandis que Jésus la bénit et lui donne le sceptre. Elle est ainsi devenue reine du Ciel, Regina Cæli, devant toute la Cour céleste composée d’anges, de patriarches, de rois et de prophètes installés dans les quatre voussures* successives.

Lire la suite Le Mystère des cathédrales : la dormition de la vierge

Adolphe Victor Geoffroy-Dechaume, Lassus, Viollet-le-Duc etc…

vg_dechaume

« Et si l’Art doit quelque reconnaissance aux éminents architectes Toussaint, Geoffroy Dechaume, Boeswillwald, Viollet-le-Duc et Lassus qui restaurèrent la basilique, odieusement profanée par l’Ecole ... » Fulcanelli, page 54, in Le Mystère des cathédrales

Il est difficile d’évoquer le chef  d’oeuvre littéraire du Maître sans évoquer les artistes qui contribuèrent à la restauration de la cathédrale de Paris, à savoir Lassus, Viollet-le-Duc, AV GeoffroyDechaume, Boeswillwald etc … Difficile ! d’autant plus que l’auteur du Mystère des Cathédrales leur rend hommage en préambule de son livre sans oublier de les citer en bonne place, ce qui implique pour cette époque une bonne connaissance des chantiers en cour ou achevés. Nous nous attacherons en particulier à l’un d’entre eux, A.V. Geoffroy Dechaume en raison du rôle immense qu’il a joué en tant que fondateur du musée  des monuments français (l’ancêtre du palais Chaillot) et sa participation aux diverses commissions archéologiques. Il se trouve que nous avons eu également le privilège d’occuper son logis à Valmondois (67 Grande rue) et d’avoir bien connu son arrière petite fille, Elisabeth Dechaume. A noter et ce n’est pas un hasard la mention par Fulcanelli de Saint Germain l’Auxerrois dont l’histoire est intimement liée à celle des Rois de France et à certain hôtel particulier rue Montaigne.

Lire la suite Adolphe Victor Geoffroy-Dechaume, Lassus, Viollet-le-Duc etc…

Voyages en Kaleidoscope (1)

voyages_kaleidoscopie

ou faire vibrer le cristal ..

Voyages en Kaléidoscope : Inventé par le physicien écossais Sir David Brewster en 1816 alors qu’il faisait des expériences sur la polarisation de la lumière, le kaléidoscope (de « beau » et « voir » en grec) a connu un grand succès en tant que « procédé » à la fois littéraire et conceptuel. Les mouvements surréalistes et dadaistes se sont emparés du procédé comme outil de déconstruction et de reconstruction engendrant une nouvelle idée : les fameux collages intempestifs. L’ouvrage d’Irène Hillel-Erlanger paru en 1919 donne des indications sur les relations entretenues avec l’Adepte Fulcanelli avec qui elle partageait à la fois certains amis et certaines préoccupations au sein d’un milieu artistique parisien. Nous aurons l’occasion de dire lesquels et pourquoi. La couverture du livre montre des bobines de film telles qu’elles sont mises sur le socle de l’appareil de projection, encore une fois : la transformation des formes par la lumières et le rayonnement diffracté du « X ».

Lire la suite Voyages en Kaleidoscope (1)

Fulcanelli et l’argot ou art des gots ou gaie science (3)

La Flagellation de l’ALLELUIA

Fulcanelli Hotel Lallemant caisson 12 jet d'urine dans le sabot

En complément à nos articles précédents :

Fulcanelli décrit ce caisson : »Voici, – quel singulier motif pour une chapelle – un jeune enfant urinant à plein jet dans son sabot. »

Cet ange est une fillette qui, ouvrant sa chemise de nuit jusqu’à la taille, urine debout vers un sabot placé devant elle, se mouillant la jambe droite. Les manches sont retroussées. Un bonnet de nuit couvre la tête. Le sabot a une taille pour adulte, plus grand que les pieds de la fillette. Il est la chaussure paysanne par excellence, en bois évidé. Ce nom désigne aussi un jouet d’enfant, une toupie conique que l’on fouette pour la faire tourner sur sa pointe, ce que montre la planche sept du « Typus Mundi » où deux anges fouettent un globe crucifère retourné sur sa croix, celle-ci faisant office de pointe.

Certainement cette figuration devait-elle évoquer un jeu de mots ou un proverbe. Fulcanelli, dans son oeuvre, évoque le sabot sept fois. Cinq fois le terme revêt un sens alchimique précis, celui de la fève ou du baigneur. La racine grecque du mot évoque le bruit de la toupie, précise-t-il. Lors de la chandeleur, le gateau ou la galette contenait une figurine en faience, baigneur, lune ou sabot. Voici quelques extraits.

Fulcanelli : « … ces coutumes bizarres où transparaît un sens hermétique souvent très pur, qui se renouvelaient chaque année et avaient pour théâtre l’église gothique, comme la Flagellation de l’Alleluia, dans laquelle les enfants de chœur chassaient, à grands coups de fouet, leurs sabots ronflants hors des nefs de la cathédrale de Langres... »

« …Notre galette est signée comme la matière elle-même et contient dans sa pâte le petit enfant populairement dénommé baigneur. C’est l’Enfant-Jésus porté par Offerus, le serviteur ou le voyageur ; c’est l’or dans son bain, le baigneur ; c’est la fève, le sabot, le berceau ou la croix d’honneur... »

« … C’est lui le prototype secret du baigneur populaire de la galette des rois, la fève (cuamoV, paronyme de cuanoV , noir bleuâtre), le sabot (Bembhx ); c’est aussi le cocon (Bombucion) et son ver, dont le nom grec, Bombhx , qui ressemble tant à celui de sabot, a pour racine BomboV , exprimant, précisément, le bruit d’une toupie en rotation.. »

Hotel Lallemant caisson_ jet d'urine_nb

Explication : sachant que Fulcanelli fut l’élève du grand Pasteur et que c’est lui qui l’a initié aux travaux de laboratoire, l’évocation du Bombyx (Bemb-X) est évidemment déchiffrable immédiatement !  le vers à Soie (Bombyx mori) cher à Pasteur qui bâtit sa renommé sur la protection des élevages de sériculture est aussi porteur du message de lumière tant commenté par l’Adepte. Le jet d’urine est évidemment une référence à l’urée synthétisée. La synthèse de l’urée réalisée par Friedrich Wohler en 1828 marqua une étape importante de la chimie moderne et marqua une rupture avec le vitalisme ambiant. L’étude de l’urée fut la base des études sur la fermentation de Louis Pasteur (fermentation de l’urée dite ammoniacale) et fut le point de départ de la chimie organique en démontrant qu’un composé organique est produit à partir d’un composé inorganique. À l’époque, on considèrait comme infranchissable la barrière entre matière vivante et matière inerte, or cette expérience contredit la théorie du vitalisme qui attribue à la matière vivante une « force vitale » nécessaire à la formation des substances organiques.. A l’inverse l’Adepte réintroduisit l’idée d’une force vitale propre au règne minéral !… Comme l’avait dit Lavoisier  » Rien ne se perd, tout se transforme !  »

note : Le mot sabot provient, selon les linguistes, de l'ancien français sabot ou Çabot, terme du XIIe siècle. Au delà, il provient de la combinaison de savate et de l'ancien français bot, masculin de botte, c'est-à-dire une chaussure montante. Savate proviendrait de l'arabe sabbat, qui désigne une danse bruyante, tournoyante ou en toupie.

Fulcanelli et l’argot ou art des gots ou gaie science (2)

Complément sur les fêtes citées par l’Adepte Fulcanelli

fete_de_lane

L’ALLELUIA. Jadis, dans l’Yonne, l’alléluia jouait un grand rôle dans l’église. On le faisait mourir, on l’ensevelissait et on le ressuscitait. Les enfants de choeur ‘officiaient le samedi de la Sep­tuagésime: après l’office ils portaient, en pleurant, une bière qui était censée contenir alléluia décédé, et, le samedi saint, on solennisait sa résurrection.

Flagellation L’ALLELUIA – Cette cérémo­nie burlesque avait heu à Langres. On écrivait en lettres d’or sur une toupie, le mot alléluia, et l’on plaçait cette toupie au milieu de la cathédrale. A l’heure indiquée, les enfants de choeur venaient en procession, avec la croix et la bannière, à l’en­droit où la toupie était déposée, et l’opération commençait. Ils la faisaient pirouetter à coups de fouet, chantant des psaumes et des cantiques, et la poussaient ainsi hors de l’église, en lui souhaitant bon voyage jusqu’à Pâques prochain.

Fête des fous.  Elle se célébrait jadis à Sens. C’était le carnaval du moyen âge et une imitation des Saturnales. On élisait un évêque des fous, et des prêtres, barbouillés de lie et habillés d’une manière ridicule, entraient dans le choeur pour y chanter des chansons. Les diacres et tes sous-dia­cres mangeaient des boudins et des saucisses; ils jouaient aux cartes et aux dés ; mettaient des mor­ceaux de vieilles savates dans l’encensoir en guise d’encens; puis ils se faisaient ensuite traîner tous par les rues dans des tombereaux, où ils se livraient à mille contorsions. On voit encore la représenta­tion de ces scènes ridicules, sur des monuments du moyen âge; et, d’après Millin, la marotte que l’on place aujourd’hui dans la main du dieu Cosmus prendrait son origine à la fête des fous.

Une autre fête des Fous se célébrait à Mâtons, le jour de la Saint-Étienne. On dressait un théâtre la veille, devant la grande porte de la cathédrale, et le jour de la fête on y disposait un festin. Lorsque l’envers, dé côté, et repliée en deux; les diacres et sous-diacres avaient également leur dalmatique retournée. Le sous diacre chantait l’épître d’un tort lugubre, le diacre ne faisait que prononcer l’Évan­gile, et le célébrant ne se retournait point vers les assistants lorsqu’il prononçait Domitius vobiscum. Les chantres étaient au nombre de six : deux pla­cés au pupitre, dans le choeur, deux au jubé, deux autres au bout de l’église, et ils chantaient alter­nativement. Ceux qui représentaient les chanoines étaient revêtus de grandes robes noires qui leur pendaient jusqu’aux talons, et dont les manches leur couvraient les mains; ils allaient trois fois à l’offrande, et c’était le seul instant où ils n’avaient pas le visage voilé. Dans cette odieuse parodie, il n’y avait qu’un seul cierge allumé, et il était placé dans le milieu du sanctuaire.

LA DIABLERIE. – Cette fête, qui se célébrait à Chaumont, et avait été instituée en l’honneur de saint Jean, remontait au XIII siècle, et ne fut sup­primée qu’au XVIII. Le jour des Rameaux, douze hommes s’habillaient en diables, et suivaient la procession, où ils chantaient l’hymne : quis est iste Rex Gloriae. Leur costume consistait en une robe noire, parsemée de flammes, et en un masque à visage épouvantable et surmonté de cornes. Quand les portes de l’église étaient ouvertes, ils se répan­daient dans la ville, flans la campagne, et avaient le droit de faire contribuer les étrangers qui ve­naient à la fête. Le jour de la nativité de saint Jean, on représentait, sur dix théâtres différents, élevés sur le chemin que suivait la procession, les diverses actions de la vie et de la mort du saint; l’on coupait une tête postiche à celui qui remplis­sait le personnage , et la scène se terminait par la chute, dans la chaudière infernale, de l’âme d’Hé­rode, que figurait une poupée suspendue au clo­cher de l’Horloge ; on représentait aussi divers miracles où la Vierge et le diable étaient toujours les principaux acteurs; on faisait un sermon au commencement ou au milieu de la pièce, et celle-ci finie, on retournait à l’église pour chanter le Te Deum.

Les habitants de la ville forçaient les voyageurs à y entrer pour participer à la fête, et l’on voyait quelquefois dans les rues, beaucoup de gens habillés en pèlerin.  La diablerie de Chaumont avait une grande réputation dans toute la Champagne, et l’on y venait de trente à qua­rante lieues de distance; la fête durait neuf jours.