Archives pour la catégorie Cahiers Fulcanelli

Le feu secret et le feu céleste : voie de la fulgurance

Angeli_TurinEn alchimie et de façon opérative, à côté des voies de la fermentation (qu’elle soit sèche ou humide) subsiste une voie élective, celle de la fulgurance. Il s’agit du feu secret réveillé et nourri au feu céleste produisant un rayonnement énergétique non radio-actif libérant d’énormes quantités d’énergie en un temps très court, soit in « icto oculi » en un clin d’oeil…

Lire la suite Le feu secret et le feu céleste : voie de la fulgurance

Publicités

Les fours de l’Adepte : Henri Moissan et la synthèse du diamant

fulcanelli_moissan

Introduction : les fours cités ou les foyers à feux sont nombreux dans l’oeuvre du Maître, notamment dans les demeures philosophales et donnent prétextes à des développements restés célèbres : Louis d’Estissac, les caissons de Dampierre sur Boutonne, l’évocation du poêle de Winthertur etc …

La collaboration de l’Adepte avec son cadet Henri Moissan (1852 – 1907) fut longue et fructueuse puisqu’elle aboutit pour ce dernier à un prix Nobel de chimie. Mais c’est surtout dans l’élaboration d’un four à arc électrique que les deux hommes purent obtenir les plus hautes températures réalisables à l’époque soit 3500 degrés. Ne pouvant qu’évoquer ici un ensemble plus vaste, disons que les travaux engagés par ces scientifiques se retrouvent dans l’évocation du sel d’ammoniac et les commentaires de l’Adepte sur le Cosmopolite « note que tout sel bien préparé revient à la nature du sel armoniac« . Il ajoute également dans les demeures que le « X » est le symbole du sel d’ammoniac et symbole de la lumière, l’ammoniac étant le promoteur du Mercure.

Lire la suite Les fours de l’Adepte : Henri Moissan et la synthèse du diamant

« Quand Scel y est » ou les interviews ambarrassants du disciple Eugène Canseliet

canselietEugène Canseliet et les interviews embarrassants.

Au cour de sa vie, le disciple (présumé) de Fulcanelli a très tôt eut recours au mode de l’interview pour défendre son art , ses idées et l’Adepte autour duquel il savait entretenir avec un art consommé, le mystère et le goût de l’énigme. Au début, sa nouvelle notoriété faisait de lui l’ambassadeur naturel de la cause alchimique et c’est ainsi que de façon assez imprudente il a à plusieurs reprises dit beaucoup plus qu’il ne l’aurait souhaité. Ainsi dans cet interview du Figaro  en date du 13 Juin 1963 il est amené à donner la date exacte du décès de son Maître de façon très affirmative . Il y aura d’autres interviews de ce genre où il aura alors un trou de mémoire mais c’est vite oublier qu’Eugène Canseliet non sans malice aimait rappeler à qui voulait bien l’entendre que son nom signifiait de façon cabalistique le secret sinon le recel de ce qui est scellé !

Alors à bon entendeur, il convient de savoir dresser l’oreille  !….

article-figaroPour ceux qui en font la demande nous adressons cet article en clair ainsi qu’un intéressant extrait de l’interview réalisé avec Guy Bechtel.

commander_cahiers

L’homme aux deux visages : Fulcanelli ou Janus Bifrons

a-lombre-des-chenes

La figure laissée en héritage se présente à nous tel un Janus Bifrons et nous auront aussi à en méditer toutes les conséquences. Fulcanelli nous a ouvert au travers de sa conception des nouvelles  « Demeure Philosophale » bien des portes et sa personne se rattache sans aucun doute à ce dieu tutélaire des romains. Une étude quine s’attacherait qu’à démontrer son  identité manquerait ses buts si elle ne proposait dans le même temps une lecture continue de cet étrange entrelacement voulu par un seul homme qui à sa façon  a transcendé les deux autres. A cela  il y a une explication assez simple : il ne fut jamais complètement aucun des deux, ni totalement le savant, ni totalement l’adepte et nous nous en expliquons également.

Nantes_-_cathédrale_-_tombeau_de_François_II_-_la_PrudenceIl convient en premier de comprendre ce mécanisme à double clé pour aborder la psychologie (et du même coup  la biographie) de cet étrange destin. Il figure sûrement parmi les plus grands et les plus anciens dieux du Panthéon romain. Il serait même supérieur à Jupiter le dieu suprême.

Son histoire commence lorsqu’il s’est établi dans le Latium, après avoir accosté l’Italie avec sa flotte. Il recueillit Saturne, le dieu des Semailles et des Grains, chassé des cieux, alors qu’il régnait sur le Latium. En remerciement de son hospitalité, celui-ci offrit à Janus le don de la « double science ». Ce pouvoir permettait de maîtriser la science du passé et celle de l’avenir, d’où la représentation de Janus avec deux visages orientés dans des sens opposés.

Janus eut aussi un fils, Tiberinus, qui se noya dans le Tibre et donna son nom à ce dernier.

Viennent alors de nombreuses autres attributions telles que celle de gardien des portes (Janus Bifrons), ce qui justifie encore son double visage. Il est également le dieu du Commencement (Januarius peut se traduire par « janvier » ou « mois de Janus ») et des Quatre Saisons (Sa tête est alors représentée non pas avec deux visages mais avec quatre).

Les Romains ouvraient les portes de son temple en temps de guerre, pour montrer que le dieu était parti combattre, puis ils les refermaient durant la paix, ce qui symbolisait sa réintégration dans son sanctuaire ; il pouvait ainsi veiller sur la ville.

De par ses attributions, Janus était le dieu principal d’une cité qu’il pouvait surveiller dans tous les sens, sans que rien ne lui échappe.Chez les Saliens, prêtres qui tirent leur nom du verbe salire (« danser »), il est même considéré comme le « dieu des dieux » dans leur hymne.

Il était également le premier nommé dans toutes les listes de dieux et dans toutes les prières, avant même Jupiter.

Son prêtre portait le nom révélateur de rex sacrorum (« roi des choses sacrées ») et son temple à Rome était assez petit et clôturé (sauf en temps de guerre, bien sûr), en bronze. Il se situait sur le forum et portait le nom de Janus Geminus, ou « double Janus ». Un passage voûté traversait le sanctuaire à l’est et à l’ouest.

Ovide a raconté que Janus s’appelait Chaos à l’époque où l’air, le feu, l’eau et la terre ne formaient qu’une masse. Quand les éléments se séparèrent, Chaos prit sa forme de Janus; ses deux visages représentent la confusion de son premier état. D’autres légendes font de Janus un roi de l’âge d’or du Latium. Il y aurait accueilli Saturne chassé du ciel par Jupiter.

L’origine de son nom est Incertaine. Cicéron la cherche dans le verbe ire. D’autres préfèrent le radical div (dividere) et supposent que la première forme du nom était Divanus. Une troisième hypothèse envisage une forme Ja, na, parfois employée pour Diana, dont la racine dius ou dium évoquerait l’idée du ciel lumineux.

Cette dernière étymologie s’accorde avec la constatation que Janus fut à l’origine un dieu solaire. Comme on le voit, ses attributions sont nombreuses, importantes, et dérivent les unes des autres.

Le culte de Janus fut établi soit par Romulus, soit par Numa, et resta toujours populaire chez les Romains. Janus figurait en tête dans les cérémonies religieuses, et, en sa qualité de père des dieux, passait le premier dans leur énumération, et même avant Jupiter. On l’honorait au premier jour de chaque mois, et le premier mois de l’année (Januarius) portait son nom.

Étant le dieu des portes, il est par le fait même celui des départs et des retours, et par extension celui de toutes les voies de communication. Sous le nom de Portunus, il est considéré comme le dieu des ports; et comme on voyage aussi bien par eau que par terre, il passe pour avoir inventé la navigation.

Janus était aussi le dieu des commencements, Dieu solaire, il présidait au lever du jour (Matutinus Pater). On ne tarda pas à le considérer comme le promoteur de toute initiative et, d’une façon générale, il fut placé à la tête de toutes les entreprises humaines. De là vient que les Romains lui attribuèrent un rôle essentiel dans la création du monde. Il passa pour le dieu des dieux, Janus Pater.

Le Dieu des portes et des passages

« …tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. »

Deutéronome 6 :4

Janus (en latin, « porte », ou «barbacane») présente ce trait particulier d’être un dieu essentiellement italique et plus précisément romain. Il ne figure dans aucune autre mythologie et pourtant l’aspect symbolique qu’il recouvre ne trouve pas uniquement ses sources dans la culture du latium.

Janus est d’abord le dieu de toutes les portes : des portes publiques ( jani ), sous lesquelles passaient les routes, et des portes privées. Il a donc pour insignes la clé qui ouvre et ferme la porte, et la baguette (virga) dont les portiers se servent pour écarter tout ce qui ne doit pas franchir le seuil. Ses deux visages (Janus bifrons) lui permettent de surveiller le dehors et l’intérieur du logis, comme l’accès et la sortie des portes publiques.

Sur le point de ses attributs particuliers, René Guenon fait état d’un curieux document représentant expressément le Christ sous les traits de Janus. Il s’agit d’un cartouche peint sur une page détachée d’un livre manuscrit d’église, datant du xve siècle et trouvée à Luchon, le médaillon représente un buste de Janus Bifrons, avec un visage masculin et un visage féminin, ainsi que cela se voit assez fréquemment; il porte une couronne sur la tête, et tient d’une main un sceptre et de l’autre une clef.

Sur les monuments romains Janus se montre, comme sur ce cartouche la couronne en tête et le sceptre en la main droite, parce qu’il est roi; il tient, de l’autre main une clef qui ouvre et ferme les époques; c’est pourquoi, par extension d’idée, les Romains lui consacraient les portes des maisons et des villes. Dans la quatrième des grandes antiennes d’avant Noël, la liturgie sacrée acclame ainsi Jésus : « O Clavis David, et Sceptrum dornus lsrae ».

ombre_chenesL’auteur des cahiers Fulcanelli

Article en cours

stick_cahiers_fulcanelli

Fulcanelli, Nec Te Nec Sine Te ou la Farlouse des prés

Farlouse Pipit   Caisson 9. – Le soleil, perçant les nues, darde ses rayons vers un nid de farlouse, contenant un petit œuf et posé sur un tertre gazonné. Le phylactère, qui donne au bas-relief sa signification, porte l’inscription :

. NEC . TE . NEC . SINE . TE .

 » Non pas toi, mais rien sans toi. Allusion au soleil, père de la pierre, suivant Hermès et la pluralité des philosophes hermétiques. L’astre symbolique, figuré dans sa splendeur radiante, tient la place du soleil métallique ou soufre, que beaucoup d’artistes ont cru être l’or naturel. Erreur grave, d’autant moins excusable que tous les auteurs établissent parfaitement la différence existant entre l’or des sages et le métal précieux. C’est, en effet, du soufre des métaux que les philosophes entendent parler lorsqu’ils décrivent la manière d’extraire et de préparer ce premier agent, lequel, d’ailleurs, n’offre aucune ressemblance physico-chimique avec l’or vulgaire. Et c’est également ce soufre, conjoint au mercure, qui collabore à la génération de notre œuf en lui donnant la faculté végétative. Ce père réel de la pierre est donc indépendant d’elle, puisque la pierre provient de lui, d’où la première partie de l’axiome : nec te ; et comme il est impossible de rien obtenir sans l’aide du soufre, la seconde proposition se trouve justifiée : nec sine te. Or, ce que nous disons du soufre est vrai pour le mercure. De sorte que l’œuf, manifestation de la nouvelle forme métallique émanée du principe mercuriel, s’il doit sa substance au mercure ou Lune hermétique, tire sa vitalité et sa possibilité de développement du soufre ou soleil des sages.

En résumé, il est philosophiquement exact d’assurer que les métaux sont composés de soufre et de mercure, ainsi que l’enseigne Bernard Trévisan ; que la pierre, quoique formée des mêmes principes, ne donne point naissance à un métal ; qu’enfin, le soufre et le mercure, considérés à l’état isolé, sont les seuls parents de la pierre, mais ne peuvent être confondues avec elle. Nous nous permettons d’attirer l’attention du lecteur sur ce fait que la coction philosophale du rebis fournit un soufre, et non un assemblage irréductible de ses composants, et que ce soufre, par assimilation complète du mercure, revêt des propriétés particulières qui tendent à l’éloigner de l’espèce métallique. Et  c’est sur cette constance d’effet qu’est fondée la technique de multiplication et d’accroissement, parce que le soufre nouveau reste toujours susceptible d’absorber une quantité déterminée et proportionnelle du mercure. »

  Dampierre nec-te

Un soleil darde ses rayons vers un nid de farlouse. Cet oiseau naît dans les prés, le nid étant posé sous des herbes à même le sol.

 

Commentaire : dans l’un de ses carnets de voyages, l’Adepte parle de la Farlouse observée non sans émotion alors qu’il se trouve dans le désert saharien. La Farlouse est une humble alouette des prés ou passereau fréquent en Isère et Franche Comté. Elle migre chaque année en Afrique du Nord et c’est là que l’Adepte pu la retrouver à son grand étonnement …  Grand marcheur et observateur de la nature, préparateur auprès de Louis Pasteur, nous ne sommes donc pas étonnés à notre tour de voir cette référence surgir à l’occasion de l’un de ses commentaires sur les caissons de Dampierre sur Boutonne. Sauf que sur celui ci il commet une erreur. Ce qu’il prend pour un oeuf est en réalité un oeil inversé regardant de face le soleil. En fait il s’agit bien d’une sorte de nid mais à la place de l’oeuf l’artiste a placé ce qui ressemble à un  oeil qui absorbe les rayons du soleil.

Explication no 1  : Cet oeil est un oeil droit mais l’imprécision du dessin de Julien Champagne empêcha Fulcanelli de le décrire comme tel. L’oeil contemple le rayonnement solaire, ouvert à lui, ce qui est physiquement impossible car personne ne  peut regarder le soleil en face.

Dampierre nec-te 2

Cependant dans son propre commentaire l’Adepte, en fin normalien qu’il est, grand connaisseur du grec et homme de culture donne toute sa dimension d’interprète en ajoutant :

«  La farlouse des prés (Anthus pratensis) est un petit oiseau voisin des alouettes. Il fait son nid dans l’herbe. On le nommait Anthos chez les Grecs ; mais ce mot a une autre signification de caractère nettement ésotérique. Anthos désigne encore la fleur et la partie la plus parfaite, la plus distinguée d’une chose ; c’est aussi l’efflorescence, la mousse ou l’écume de solutions dont les parties légères montent et viennent cristalliser à la surface. Cela suffit pour donner une idée claire de la naissance du petit oiseau dont l’unique oeuf doit engendrer notre Phénix. »

Il aurait pu également ajouter, puisqu’il insiste sur le vocable d’Anthos, que celui ci lutta contre Poséidon, ce qui personnifie cette double nature du Mercure et du Soufre, les pères générateurs de cet oeuf !

ImageJ=1.44p

Technique de multiplication : croissance cristalline d’oxyde de zinc en solution liquide sursaturée

Explication no 2 : il ne s’agit pas d’un oeil mais d’un ormeau, mollusque sur lequel avait travaillé l’adepte auprès de son Maître d’alors, Louis Pasteur lorsqu’il collaborait avec Henri Lacaze-Duthiers maitre de conférence à l’Ecole Normale Supérieure (élu à l’académie des Sciences en 1871 et Maitre de conférence sur les mollusques et zoophytes). L’illustration ci dessous en donne une meilleure vue et nous pouvons également comprendre son commentaire faisant état de « mousse » et « écume »..  Ce que l’on prend pour un nid est alors en réalité un bassin d’eau de mer où l’on peut voir les algues et la végétation d’eau. Le dessin au trait de Julien Champagne semble même indiquer les rides de l’eau et meparait plus approprié pour décrire un bassin qu’un nid d’oiseau.  De plus dans ses vieux jours, l’Adepte avait retrouvé les joies d’une modeste viticulture et avait appelé sa cuvée « Le clos des ormeaux » en souvenir de ses vacances passés en Charentes Maritime et qui sait pour d’autres raisons qu’il reste à découvrir !… Non loin de Dampierre sur Boutonne en direction de la Rochelle on pratique encore l’élevage en bassin des ormeaux. CQFD

clos_des_ormeaux

pour que l’on ne puisse plus dire n’importe quoi sur l’Adepte – JK (Johan Dreue)

stick_cahiers_fulcanelli

Fulcanelli, Dampierre sur Boutonne et Monsieur Depaul

secret_dampierre

Saint Vincent Depaul, sans doute l’un des hommes les plus puissants du Royaume au point que le Cardinal  Mazarin le fit espionner pour sa propre sécurité !… mais il fut largement récompensé en retour de sa discrétion en faveur du fondateur de la Congrégation .

Dans un préambule assez long et très détaillé, l’adepte nous livre aussi une facette de son identité séculière. Il fait état en effet de ses doutes et interrogations quand à la réelle identité du concepteur de ce joyau hermétique que sont les 91 caissons de la galerie haute du Château de Dampierre sur Boutonne. A son accoutumé il nous laisse aussi des traces non négligeables et fait état – mais pourquoi ?, de la qualité de « colonel des grisons » ou plus exactement « colonel général des 100 Suisses et Grisons » des membres mâles de la famille, l’une des plus titrée et des plus noble de France, je veux parler des Gondi. L’acteur principal  n’est pas nommé car en réalité il trame toute l’oeuvre de l’Adepte, laissant ainsi le soin aux lecteurs curieux et attentifs de le remettre en place, ce que nous fîmes sans tarder.

Ce fut assez difficile de démêler l’écheveau de cette intrigue mais les faits sont têtus et donc nous y voilà : Dampierre sur Boutonne et Saint Vincent Depaul sont en effet intimement liés tout comme ce dernier est lié à d’autres demeures philosophales décrites par l’Adepte. Sur cette composition, de gauche à droite nous avons ; Claude Catherine de Clermont dont tout porte à penser qu’elle fut l’inspiratrice des fameux caissons et nous dirons pourquoi, puis Albert de Gondi son mari (1522-1602). Ce dernier eut notamment comme enfant Philippe-Emmanuel de Gondi (1581 – 1662) et c’est là qu’intervient le célèbre, très puissant  et très énigmatique « Monsieur Vincent Depaul » , principal conseiller et directeur de conscience dudit personnage.

Extrait

Dampierre_sur_Boutonne_facade

 

Il est à peu près certain, et nous partageons sur ce point l’opinion de Léon Palustre, que le plafond de la galerie haute, où gît tout l’intérêt de Dampierre, fut exécuté de 1545 ou 1546 à 1550. Ce qui l’est moins, c’est l’attribution que l’on a faite de cet œuvre à des personnages, notoires sans doute, mais qui lui sont complètement étrangers. Certains auteurs ont, en effet, prétendu que les motifs emblématiques émanaient de Claude de Clermont, baron de Dampierre, gouverneur d’Ardres, colonel des Grisons et gentilhomme de la chambre du roi. Or, dans sa Vie des Dames illustres, Brantôme nous dit que, pendant la guerre du roi d’Angleterre et du roi de France, Claude de Clermont tomba dans une  » embusche  » dressée par l’ennemi, et y mourut en 1545. Il ne pouvait donc être pour si peu que ce fût dans les travaux exécutés après son décès. Sa femme, Jeanne de Vivonne, fille d’André de Vivonne, seigneur de la Châteigneraye, d’Esnandes, d’Ardelay, conseiller et chambellan du roi, sénéchal du Poitou, etc., et de Louise de Daillon du Lude, était née en 1520. Elle restait veuve à vingt-cinq ans. Son esprit, sa distinction, sa haute vertu lui acquirent une réputation telle que, à l’instar de Brantôme, louant l’étendue de son érudition, Lèon Palustre lui fait l’honneur d’être l’instigatrice des bas-reliefs de Dampierre :  » c’est là, dit-il, que Jeanne de Vivonne s’est amusée à faire exécuter, par des sculpteurs d’un mérite ordinaire, toute une série de compositions au sens plus ou moins clair.  » Enfin, une troisième attribution ne mérite pas même la peine d’être retenue. L’abbé Noguès , en mettant en avant le nom de Claude-Catherine de Clermont, fille de Claude et de Jeanne de Vivonne, émet une opinion absolument inacceptable, ainsi que le dit Palustre :

 » Cette future châtelaine de Dampierre, née en 1543, était une enfant au moment où s’achevaient les travaux. « 

Ainsi, pour ne point commettre d’anachronisme, est-on obligé d’accorder à Jeanne de Vivonne seule la paternité du décor symbolique de la galerie haute. Et pourtant, quelque vraisemblable que puisse paraître cette hypothèse, il nous est impossible d’y souscrire. Nous nous refusons énergiquement à reconnaître une femme de vingt-cinq ans comme bénéficiaire d’une science exigeant plus du double d’efforts soutenus et d’études persévérantes. En supposant même qu’elle ait pu, dans sa prime jeunesse, et au mépris de toute règle philosophique, recevoir l’initiation orale de quelque artiste inconnu, il n’en demeure pas moins qu’il lui aurait fallu contrôler, par un labeur tenace et personnel, la vérité de cet enseignement. Or, rien n’est plus pénible, plus rebutant, que de poursuivre, pendant de longues années, une série d’expériences, d’essais, de tentatives réclamant une assiduité constante, l’abandon de toute affaire, de toute relation, de toute préoccupation extérieure. La réclusion volontaire, le renoncement au monde sont indispensables à observer si l’on veut obtenir, avec les connaissances pratiques, les notions de cette science symbolique, plus secrète encore, qui les recouvre et les dérobe au vulgaire. Jeanne de Vivonne se soumit-elle aux exigences d’une maîtresse admirable, prodigue d’infinis trésors, mais intransigeante et despotique, voulant être aimée exclusivement pour elle-même et imposant à ses adorateurs une obéissance aveugle, une fidélité à toute épreuve ? Nous ne trouvons rien chez elle qui puisse justifier un tel souci. Au contraire, sa vie est uniquement mondaine. Admise à la cour, écrit Brantôme,  » dès l’âge de huict ans, y avoit elle esté nourrie, et n’avoit rien oublié ; et la faysoit bon ouyr parler, ainsy que j’ay veu nos roy et reynes y prendre un singulier plaisir de l’ouyr, car elle sçavoit tout et de son temps et passé ; si bien qu’on prenoit langue d’elle comme d’un oracle. Aussi, le roy Henri IIIe et dernier la fist dame d’honneur de la reyne, sa femme.  »

Vivant à la cour, elle voit successivement cinq monarques se succéder sur le trône : François Ie , Henri II, François II, Charles IX et Henri III. Sa vertu est reconnue et réputée au point d’être respectée par l’irrévérencieux Tallemant des Réaux ; quant à son savoir, il est exclusivement historique. Faits, anecdotes, chroniques, biographies en constituent l’unique bagage. C’était, en définitive, une femme douée d’une excellente mémoire, ayant beaucoup écouté, beaucoup retenu, au point que Brantôme, son neveu et historiographe, parlant de Mme de Dampierre, dit qu’elle  » estoit un vray registre de la court « . L’image est parlante ; Jeanne de Vivonne fut un registre, agréable, instructif à consulter, nous n’en doutons pas, mais elle ne fut point autre chose.

Entrée si jeune dans l’intimité des souverains de France, avait-elle seulement plus ou moins résidé, par la suite, au château de Dampierre ? Telle était la question que nous nous posions en feuilletant le beau recueil de Jules Robuchon , lorsqu’une notice de M. Georges Musset, ancien élève de l’école des Chartes et membre de la Société des Antiquaires de l’Ouest, vint à propos la solutionner et appuyer notre conviction.  » Mais, écrit G. Musset, voilà que des documents inédits viennent compliquer la question et semblent créer des impossibilités. Un aveu de Dampierre est rendu au roi, à cause de son châtel de Niort, le 9 août 1547, à l’avènement de Henri II. Les avouants sont Jacques de Clermont, usufruitier de la terre, et François de Clermont, son fils émancipé, pour la nue-propriété. Le devoir consiste en un arc d’if et un bousson sans coche. De cet acte, il semble résulter :

I° que ce n’est pas Jeanne de Vivonne qui jouit de Dampierre, ni sa fille Catherine qui le possède ;

2° que Claude de Clermont avait un jeune frère, François, mineur émancipé en 1547. Il n’y a pas lieu, en effet, de supposer que Claude et François seraient un même personnage, puisque Claude est mort pendant la campagne de Boulogne, finie, nous le savons, par le traité entre François Ier et Henri VIII, le 7 juin 1546. Mais alors que devint François, qui n’est pas indiqué par Anselme ? Que se passa-t-il, relativement à cette terre, de 1547 à 1558 ? Comment, d’une aussi belle association d’incapacités au point de vue de la possession, usufruitiers ou mineurs, put sortir une habitation aussi luxueuse ? Ce sont là des mystères que nous ne pouvons éclaircir. C’est déjà beaucoup, croyons nous, que d’entrevoir les difficultés. « 

Ainsi se trouve confirmée l’opinion que le philosophe à qui nous devons tous les embellissements du château, — peintures et sculptures, — nous est inconnu et le restera peut-être à jamais.  » Fulcanelli in Demeures Philsosophales

par JK, tous droits réservés in « à l’ombre des Chênes »

Le four en faïence de Winterthur par David Pfau (Haffner)

pfau

de l’utilisation des feux …

Dans la catégorie des arts du feux à cuisson lente nous trouvons les verriers (vitraux) et les céramistes et autres émailleurs. Pour les feux, l’utilisation d ‘un four en faïence est une bonne étape. L’Adepte signale l’existence de ce poêle aux médaillons hermétiques situé à Winterthur en Suisse non loin de Zurich. Il fut fabriqué par Pfau (ou Pfauw) et l’adepte le signale dans son Mystère des cathédrales. A l’époque il n’était vraiment pas évident d’en connaitre l’existence sauf si … c’est ce que nous expliquons dans notre ouvrage à paraitre.

Les dix-huit panneaux ci-dessous ont donné lieu à une interprétation dans l’ouvrage de J.J. Bourcart, Esquisse hermétique du tout universel, Zurich, 1896 avec une préface de Gérard d’Encausse. A notre tour et comme nous l’avions déjà fait en 1995, nous donnerons l’explication de chacun des panneaux, pour le reste il faudra se reporter à notre ouvrage « à l’ombre des chênes, Jules Violle alias Fulcanelli« 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Concernant le poêle de Winterthur, il faut savoir que sa décoration, assortie de commentaires, fut publiée au sein d’un ouvrage, imprimé à Zurich en 1896. L’ouvrage en question, intitulé « Esquisses du Tout Universel » fut signé d’un pseudonyme : Jacob. Ce pseudonyme masquait en réalité Jean-Jacques Bourcart, ancien industriel, philanthrope, issu d’une famille alsacienne. Bourcart s’était vu retiré la direction de l’entreprise familiale après avoir voulu la livrer à l’autogestion des salariés. Une seconde édition de l’Esquisse du Tout Universel bénéficia d’une préface du docteur Gérard Encausse, dit Papus.

Le four de Winterthur et Fulcanelli :

A la lecture des documents afférents au poêle de Winterthur, certaines remarques s’imposent :
Le poêle est attribué à H.H. Pfau (Hans Heinrich). Fulcanelli écrit P.H. Pfau, et P.F. Pfau (dans les Demeures…) – Bourcart commentant le sens hermétique du poêle use de la formule « Savoir, Pouvoir, Oser, se Taire » sur laquelle s’achève également « le Mystère des Cathédrales ».

Enfin, commentant le 10 ème médaillon ornant le poêle, Bourcart écrit :  » Un homme pêche à la ligne et tire d’un étang un beau poisson ». Fulcanelli (dans le Mystère) explique : « …on voit un pêcheur à la ligne sortant de l’eau un beau poisson… »
Or, même en usant d’une bonne loupe, il faut beaucoup de bonne volonté pour déceler un poisson et encore plus d’acuité visuelle pour pouvoir le qualifier de beau !;;  Donc, Fulcanelli connaissait fort bien le travail de Bourcart… voire Bourcart en personne, ce qui n’est pas sans importance à plus d’un titre : l’importance de la suisse et de Zurich, en particulier, dans cette affaire ne peut s’expliquer que par un familier des lieux, en l’occurrence par un franc-comtois de plus spécialiste des fours : notre adepte !  Mais ceci n’est qu’un très pâle aperçu de nos propres découvertes que nous allons consigner dans un cahier spécialement dédié à ce four en faïence.

blason_pfau

Blason de la famille H. Pfau où le Paon fait miroiter l’arc en ciel du  feu de ses couleurs

(le Paon est aussi emblématique de l’Art Royal)

stick_cahiers_fulcanelli