Fulcanelli et l’argot ou art des gots ou gaie science (2)

Complément sur les fêtes citées par l’Adepte Fulcanelli

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L’ALLELUIA. Jadis, dans l’Yonne, l’alléluia jouait un grand rôle dans l’église. On le faisait mourir, on l’ensevelissait et on le ressuscitait. Les enfants de choeur ‘officiaient le samedi de la Sep­tuagésime: après l’office ils portaient, en pleurant, une bière qui était censée contenir alléluia décédé, et, le samedi saint, on solennisait sa résurrection.

Flagellation L’ALLELUIA – Cette cérémo­nie burlesque avait heu à Langres. On écrivait en lettres d’or sur une toupie, le mot alléluia, et l’on plaçait cette toupie au milieu de la cathédrale. A l’heure indiquée, les enfants de choeur venaient en procession, avec la croix et la bannière, à l’en­droit où la toupie était déposée, et l’opération commençait. Ils la faisaient pirouetter à coups de fouet, chantant des psaumes et des cantiques, et la poussaient ainsi hors de l’église, en lui souhaitant bon voyage jusqu’à Pâques prochain.

Fête des fous.  Elle se célébrait jadis à Sens. C’était le carnaval du moyen âge et une imitation des Saturnales. On élisait un évêque des fous, et des prêtres, barbouillés de lie et habillés d’une manière ridicule, entraient dans le choeur pour y chanter des chansons. Les diacres et tes sous-dia­cres mangeaient des boudins et des saucisses; ils jouaient aux cartes et aux dés ; mettaient des mor­ceaux de vieilles savates dans l’encensoir en guise d’encens; puis ils se faisaient ensuite traîner tous par les rues dans des tombereaux, où ils se livraient à mille contorsions. On voit encore la représenta­tion de ces scènes ridicules, sur des monuments du moyen âge; et, d’après Millin, la marotte que l’on place aujourd’hui dans la main du dieu Cosmus prendrait son origine à la fête des fous.

Une autre fête des Fous se célébrait à Mâtons, le jour de la Saint-Étienne. On dressait un théâtre la veille, devant la grande porte de la cathédrale, et le jour de la fête on y disposait un festin. Lorsque l’envers, dé côté, et repliée en deux; les diacres et sous-diacres avaient également leur dalmatique retournée. Le sous diacre chantait l’épître d’un tort lugubre, le diacre ne faisait que prononcer l’Évan­gile, et le célébrant ne se retournait point vers les assistants lorsqu’il prononçait Domitius vobiscum. Les chantres étaient au nombre de six : deux pla­cés au pupitre, dans le choeur, deux au jubé, deux autres au bout de l’église, et ils chantaient alter­nativement. Ceux qui représentaient les chanoines étaient revêtus de grandes robes noires qui leur pendaient jusqu’aux talons, et dont les manches leur couvraient les mains; ils allaient trois fois à l’offrande, et c’était le seul instant où ils n’avaient pas le visage voilé. Dans cette odieuse parodie, il n’y avait qu’un seul cierge allumé, et il était placé dans le milieu du sanctuaire.

LA DIABLERIE. – Cette fête, qui se célébrait à Chaumont, et avait été instituée en l’honneur de saint Jean, remontait au XIII siècle, et ne fut sup­primée qu’au XVIII. Le jour des Rameaux, douze hommes s’habillaient en diables, et suivaient la procession, où ils chantaient l’hymne : quis est iste Rex Gloriae. Leur costume consistait en une robe noire, parsemée de flammes, et en un masque à visage épouvantable et surmonté de cornes. Quand les portes de l’église étaient ouvertes, ils se répan­daient dans la ville, flans la campagne, et avaient le droit de faire contribuer les étrangers qui ve­naient à la fête. Le jour de la nativité de saint Jean, on représentait, sur dix théâtres différents, élevés sur le chemin que suivait la procession, les diverses actions de la vie et de la mort du saint; l’on coupait une tête postiche à celui qui remplis­sait le personnage , et la scène se terminait par la chute, dans la chaudière infernale, de l’âme d’Hé­rode, que figurait une poupée suspendue au clo­cher de l’Horloge ; on représentait aussi divers miracles où la Vierge et le diable étaient toujours les principaux acteurs; on faisait un sermon au commencement ou au milieu de la pièce, et celle-ci finie, on retournait à l’église pour chanter le Te Deum.

Les habitants de la ville forçaient les voyageurs à y entrer pour participer à la fête, et l’on voyait quelquefois dans les rues, beaucoup de gens habillés en pèlerin.  La diablerie de Chaumont avait une grande réputation dans toute la Champagne, et l’on y venait de trente à qua­rante lieues de distance; la fête durait neuf jours.

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